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Sortie botanique au Sentier des Meulières de Saint-Crépin-de-Richemont (31/05/26)

Dimanche 31 mai 2026 a eu lieu une sortie botanique sur le sentier des Meulières à Saint-Crépin-de-Richemont, guidée par Vincent Vérité, en compagnie d’adhérents experts et amateurs de la SMBP.

La commune rurale située au sein du parc naturel régional Périgord-Limousin dévoile ses vestiges de pierres meulières typiques dont les habitants ont longtemps vécu de leur taille et de leur vente.

Pierre meulière recouverte de mousses végétales.

En arrivant dans les bois, nous avons pu observer un sol acide, parfois sableux, avec des châtaigniers, des pins et des saules roux (Salix atrocinerea). La nature du sol a été interprétée grâce à la présence de plantes bio-indicatrices qui poussent dans ces milieux particuliers. Ici ce sont des sols sableux grossiers et des blocs de grès parfois massifs qui couronnent la partie sommitale du plateau. Les plantes observées caractérisent les sols très acides sous climat atlantique arrosé mais relativement doux, ce qui explique leur répartition restreinte en Europe (nord-ouest de l’Espagne, Ouest de la France et, pour certaines, sud-ouest de l’Angleterre) : L’Agrostis de Curtis (Agrostis curtisii), abondant sur le site, la Sabline des montagnes (Arenaria montana), ou encore l’Ajonc nain (Ulex minor).

De nombreuses fleurs jalonnaient le chemin, avec leurs couleurs variées et perlées de fines gouttes de pluie. La superbe Tuberaria guttata, aussi appelée hélianthème tachetée, de la famille des Cistacées se distingue par ses fleurs jaunes tâchées de noir vers le centre, dont nous nous étonnons de la floraison précoce (habituellement juillet selon les flores). La Centaurée de Debeaux (C.debeauxii) de la famille des astéracées, a été observée sur les lisières acides, et se distingue, entre autres, de la centaurée trompeuse (Centaurea x decipiens) par des bractées à franges régulières non coalescentes et un appendice étroit. Sa floraison débute environ un mois plus tard et n’a lieu qu’à partir de juillet jusqu’à septembre.

Tout au long du site des meulières se trouvait une grande quantité d’andryale à feuilles entières (Andryala integrifolia) qui est une astéracée aux fleurs jaunes, très répandue en France, du Millepertuis couché (Hypericum humifusum) commun et amateur de soleil, ainsi que de la digitale pourpre (Digitalis purpurea) aussi jolie que toxique, qui par ailleurs se trouve ici de manière spontanée et en isolat disjoint par rapport aux populations du nord-est du département (socle cristallin du massif central).

Une grande zone sablonneuse dévoilait Juncus capitatus et de la Spargoute des champs (Spergula arvensis). Un peu plus loin, en contrebas de cette portion, de nombreuses mousses tapissaient le sol tandis que les lichens (Lobaria scrobiculata) parsemaient les arbres.

Après la descente d’un escalier, nous nous sommes surtout concentrés sur les fougères : polypodes, Dryopteris carthusiana dont les sores noires formaient une sorte de caviar (voir en photo), Dryopteris dilatata, Athyrium filix-femina, le Blechnum en épi (Struthiopteris spicant).

Pendant la ballade, nous avons également croisé des insectes et même quelques champignons, dont une bolbitie jaune d’œuf (Bolbitius titubans).

Compte-rendu co-rédigé par Aelleo, Vincent Vérité et Guillaume.