Si le plan d’eau de Miers témoigne encore des rudes conditions estivales, c’est avec plaisir qu’on été accueillies les premières pluies d’octobre dans le Quercy. Tout proche d’Alvignac, ce lieu atypique dévoile un pavillon des Eaux, trace de l’attrait ancien de l’eau minéralisée de Salmière auprès des curistes.
L’objet de notre venue n’étant pas les thermes mais les champignons, nous avons commencé à explorer les endroits humides autour de l’étang, munis de nos bottes et paniers. Très vite, nous avons rencontré une ribambelle de lépiotes pudiques, d’agarics et quelques coprins au sens large. Tous sont saprophytes, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent de matière organique inerte. Du reste, nous n’avons quasiment pas croisé de champignons mycorhiziens.


Une bonne partie des spécimens découverts l’ont été sur des branches au sol, des souches ou sur les arbres. Ils étaient soit saprophytes, soit parasites, se développant au détriment d’un hôte ou même un peu des deux. Parmi eux, la langue de bœuf (Fistulina hepatica) qui doit son nom à son aspect charnu et sanguinolent, a été facilement reconnue sur des souches à deux reprises.



Un superbe bloc de mycènes de René (Mycena renati) à plusieurs stades de développement a attiré l’œil du mycologue Daniel Lacombe. Elles se reconnaissent par leur chapeau saumoné, mais surtout leur pied jaune. Elles poussent en touffes sur du bois de feuillu décomposé.



Les tramètes rougissantes (Daedaleopsis confragosa), bien qu’elles donnent l’impression d’avoir des lames, ont en fait des pores, très étirés en longueur.



Table d’identification :

Parmi les rares espèces mycorhiziennes, se trouvait un scléroderme verruqueux (Scleroderma verrucosum), avec des verrues irrégulières et un « pied » constitué de cordons mycéliens.


Poussant sur bois, on a aussi trouvé Phlebia uda (= Mycoacia uda) avec des aiguillons d’un jaune assez marqué et qui virent en violet avec une goutte de potasse :



