Alors que le soleil nous gratifiait de sa présence, une trentaine de participants s’étaient réunis à Payrignac pour une cueillette mycologique fort agréable. Dans les bois principalement composés de châtaigniers, chênes et pins, nos yeux s’exerçaient à distinguer les chapeaux de champignons parmi les bogues, les glands et les aiguilles de conifères.
Pour cette sortie, davantage de champignons mycorhiziens se sont dévoilés : des amanites, des bolets, un début de cortinaire. Le bolet ayant particulièrement ravi les amateurs de champignons fut bien entendu le fameux cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) reconnaissable par son fin réseau clair sur le pied et la marge claire de son chapeau.


Poursuivant dans la catégorie des bolets, le Suillus granulatus était massivement présent sous les pins, son habitat exclusif. Son chapeau brun-jaune est visqueux en condition humide, ou mate par temps sec, tandis que ses pores crèmes virent au jaune avec l’âge.


Les deux espèces d’amanites les plus communes de la région étaient présentes : l’amanite citrine (Amanita citrina) et l’amanite rougissante (Amanita rubecens). La première, trouvée en quantité, se distingue par ses teintes uniformément jaune citron pâles, un pied avec un anneau et un bulbe marginé, ainsi qu’une odeur de radis. Citons aussi l’amanite phalloïde (Amanita phalloides) avec une belle volve blanche à la base du pied, un anneau blanc et un chapeau aux teintes variables mais typiquement vert olive ou vert-jaune, parcouru de fibrilles. Cette espèce est responsable d’un bon nombre d’intoxications graves voire mortelles.



Nous avons trouvé une bonne partie des champignons les plus fréquents du Périgord-Quercy : l’hypholome en touffe, le meunier, la collybie amie des arbres (anciennement appelée collybie du chêne), la tramète versicolore, la stérée hirsute, la collybie à lames larges, etc. Grâce à l’expertise du mycologue Guillaume Eyssartier, la distinction a pu être faite entre la commune Armillaire couleur de miel (Armillaria mellea) et Armillaria griseofusca, plus grise et plus élancée, dont beaucoup ignoraient l’existence.
Plusieurs imposants Scleroderma polyrhizum en forme d’étoiles, pavaient les bords d’un chemin tel un Hollywood Boulevard fongique. Leur centre ovoïde et pulvérulent (consistance de poudre) contient une masse de spores brunes noirâtres.


Ayant beaucoup intrigué également, l’Abortiporus biennis s’est invité dans nombreux paniers sous différentes formes. Alors qu’il se présente d’abord comme une agglomération de pores labyrinthiques, il s’épanouit ensuite en éventails imbriqués. Sa chair blanchâtre se colore de brun-rouge au toucher et exsude des gouttelettes rougeâtres. Nous l’avons principalement trouvé sur la terre nue retournée par le passage d’engins motorisés, tout comme un petit groupe de pézizes de couleur orange à face externe poilue.


Pas en reste, les petits champignons à lames offraient une variété de couleurs parmi les mycènes, marasmes et omphales. Rickenella fibula, l’omphale bibelot ou « en aiguille » saisit la curiosité des cueilleurs attentifs, autant par sa petite taille que ses teintes orangées. Le marasme petite roue (Marasmius rotula), au chapeau blanc en forme de parachute et pied brun, pousse sur du bois mort de feuillus.



Merci à Fabien Naneix pour ses magnifiques photos.
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